Les principales mesures sociales du nouveau statut de l’élu local

La loi du 22 décembre 2025 créant un véritable statut de l’élu local marque une évolution importante dans la reconnaissance de l’engagement politique local.
L’un de ses objectifs majeurs est de mieux concilier l’exercice d’un mandat électif avec la vie professionnelle et personnelle des salariés élus.
Pour y parvenir, le texte renforce les droits à congés, les autorisations d’absence, la protection du contrat de travail et la valorisation des compétences acquises durant le mandat.
Ces mesures, entrées en vigueur pour l’essentiel le 24 décembre 2025, concernent directement les employeurs comme les salariés engagés dans la vie publique locale.
Absences et congés payés
Des congés renforcés pour faciliter l’engagement électoral
La réforme commence par une amélioration notable des congés liés à l’exercice de la démocratie locale.
Le congé pour campagne électorale, auparavant limité à 10 jours ouvrables, est désormais porté à 20 jours ouvrables. Cette durée s’applique à l’ensemble des élections locales et nationales : municipales, départementales, régionales, législatives, européennes, mais aussi à certaines collectivités territoriales spécifiques.
Autre changement important : ce congé est désormais accordé de droit. Le salarié candidat n’a plus à en faire la demande formelle, l’employeur étant tenu de le lui accorder. Cette mesure vise à encourager l’engagement citoyen en levant les obstacles professionnels qui pouvaient freiner certaines candidatures.
Le congé de formation des élus locaux est également renforcé. Sa durée passe de 18 à 24 jours par mandat, renouvelables en cas de réélection. Ce temps supplémentaire doit permettre aux élus d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités et de mieux comprendre les enjeux administratifs et juridiques de leurs fonctions.
Des autorisations d’absence élargies pour les élus municipaux
La loi étend par ailleurs les autorisations d’absence dont bénéficient les salariés élus, en particulier les conseillers municipaux.
Jusqu’ici, ces absences étaient principalement liées aux réunions obligatoires du conseil municipal et des commissions. Désormais, elles couvrent également la participation à certaines cérémonies officielles et commémorations nationales (8 mai, 14 juillet, 11 novembre, etc.), ainsi que les missions accomplies dans le cadre d’un mandat spécial, comme l’organisation d’événements d’ampleur.
En cas de mesures de sûreté prescrites par le maire, les élus chargés de leur mise en œuvre pourront aussi s’absenter le temps nécessaire, selon des modalités qui seront précisées par décret. Cette disposition introduit même une dérogation à l’obligation de prévenir l’employeur par écrit en amont, afin de tenir compte de situations d’urgence.
Dans un souci de clarification, la loi inscrit dans le code du travail le principe selon lequel les temps d’absence liés au mandat sont assimilés à du temps de travail effectif pour l’ouverture de certains droits sociaux et avantages. Cette transposition vise à rendre le droit plus lisible pour les employeurs.
L’exercice du mandat compatible avec certains congés et arrêts
La loi introduit aussi des assouplissements pour permettre la poursuite du mandat en cas d’arrêt maladie ou de congé lié à la parentalité.
Dorénavant, un élu local peut continuer à exercer son mandat pendant un arrêt maladie, sauf avis contraire du médecin. Il peut également cumuler ses indemnités de fonction avec les indemnités journalières de sécurité sociale.
Le même principe s’applique pendant un congé de maternité, de paternité ou d’adoption. L’élu peut poursuivre son mandat et cumuler ses indemnités avec celles versées par la sécurité sociale, ce qui offre une plus grande souplesse dans l’organisation de la vie personnelle et publique.
Vous pouvez consulter notre fiche pratique concernant les indemnités journalières de la sécurité sociale.
Un dialogue renforcé avec l’employeur
Jusqu’à présent, un entretien entre l’employeur et le salarié élu pouvait être organisé en début de mandat pour évoquer l’organisation du travail et les modalités d’absence.
Désormais, cet entretien peut être sollicité chaque année. L’objectif est de maintenir un dialogue régulier sur la conciliation entre activité professionnelle et fonctions électives.
Le contenu de cet entretien est également enrichi. Il doit permettre de prendre en compte les compétences acquises dans le cadre du mandat, d’informer le salarié sur son droit individuel à la formation d’élu et, à la fin du mandat, d’identifier les compétences développées afin de faciliter leur valorisation, notamment par la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Une meilleure protection du contrat de travail
Pour les élus locaux dont le mandat implique une suspension du contrat de travail (maires, adjoints, présidents ou vice-présidents d’exécutifs locaux), la loi renforce la prise en compte de cette période. Désormais, la durée de suspension est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés, de l’ancienneté, de la durée du préavis et de l’indemnité de licenciement, dans la limite de deux mandats consécutifs.
Le droit à réintégration à l’issue du mandat est également ajusté. Lorsque le mandat est renouvelé, ce droit ne s’applique plus automatiquement. Il demeure toutefois possible si la durée de suspension du contrat a été inférieure à celle d’un mandat dans l’assemblée concernée.
Valorisation des compétences et reconnaissance des employeurs
La réforme prévoit enfin la création d’un dispositif de certification des compétences acquises durant un mandat local. Ces compétences pourront être reconnues dans le cadre professionnel, notamment via la VAE.
La VAE étant en pleine réforme, vous pouvez consulter notre article pour en savoir plus sur l'avancement de la réforme.
Par ailleurs, les employeurs soutenant l’engagement de leurs salariés élus pourront obtenir un label « Employeur partenaire de la démocratie locale », destiné à valoriser leur contribution à la vie démocratique.
Pour avoir plus de détail, vous pouvez consulter directement la loi portant création d'un statut local.



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