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Indemnités & cotisations
Obligations légales

DSN : Dès mars 2026, rectifiez les anomalies pour éviter la DSN de substitution

À compter de mars 2026, les entreprises devront porter une attention particulière aux anomalies signalées dans leurs Déclarations sociales nominatives (DSN). 

À défaut de correction dans les délais, l’URSSAF pourra procéder à une DSN de substitution, un mécanisme inédit qui entrera en vigueur en juin 2026.

Dans un document questions/réponses actualisé au 12 février 2026, l’URSSAF précise les modalités de ce dispositif, qui vise principalement à sécuriser les droits à retraite des salariés.

Nouveau dispositif pour fiabiliser les données DSN

Une nouvelle étape dans la fiabilisation des données DSN

La procédure de fiabilisation des données déclarées en DSN a pour objectif d’améliorer la qualité des informations transmises, notamment pour garantir la correcte constitution des droits sociaux des salariés (retraite, prestations sociales…).

Concrètement :

  • Chaque mois, l’URSSAF transmet aux cotisants un compte-rendu métier (CRM) en cas d’anomalies détectées.
  • Si ces anomalies persistent, un CRM annuel récapitulatif est envoyé l’année suivante.

À partir du 13 ou 23 mars 2026 (selon l’échéance déclarative), les entreprises recevront un CRM annuel listant les anomalies de l’année 2025 (N-1) restées non corrigées.

Elles disposeront alors d’un délai de deux mois (jusqu’à l’échéance de mai 2026) pour procéder aux régularisations nécessaires.

La DSN de substitution : une première application en juin 2026

La DSN de substitution sera mise en œuvre pour la première fois en juin 2026.

L’objectif principal, pour cette première année d’application, est de sécuriser les droits retraite

Ainsi, en 2026, la substitution portera exclusivement sur les données ayant un impact sur le calcul des droits à retraite, notamment l’assiette plafonnée soumise à cotisations vieillesse (base assujettie code 02).

L’URSSAF précise que :

  • seules les données erronées seront rectifiées ;
  • aucune donnée correcte ne sera modifiée ;
  • le mécanisme ne sera activé qu’en cas de nécessité.

Dans l’hypothèse où des cotisations seraient dues, une mise en demeure sera adressée à l’employeur par l’URSSAF. 

Par ailleurs, l’employeur sera également informé des corrections réalisées par l’URSSAF via un CRM de post-substitution.

Les données corrigées seront transmises à la CNAV  et à l’AGIRC-ARRCO.

Chaque organisme restera responsable du calcul des droits et, pour l’AGIRC-ARRCO, du calcul des cotisations de retraite complémentaire éventuellement dues.

Quelles anomalies sont concernées ?

Les contrôles pouvant déclencher une DSN de substitution concernent la cohérence entre le plafond déclaré par l’employeur et le plafond recalculé par l’URSSAF.

Sont visés les contrôles automatisés :

  • UR_ANO_ASS_PLF_DIPA01i (salariés à temps plein) ;
  • UR_ANO_ASS_PLF_DIPA01j (salariés à temps partiel).

Il s’agit de vérifications techniques portant sur l’assiette plafonnée utilisée pour le calcul des droits retraite.

Un périmètre évolutif sur trois ans

Bien que la DSN de substitution ait une périodicité annuelle et porte en principe sur l’année N-1, elle pourra également concerner des périodes antérieures dans la limite du délai de prescription de trois ans.

À titre d’exemple :

  • En 2026 : périodes d’emploi 2025 (N-1)
  • En 2027 : périodes 2026 et 2025 (N-1 et N-2)
  • En 2028 : périodes 2027, 2026 et 2025 (N-1, N-2, et N-3)

Ce mécanisme s’appliquera notamment si de nouvelles anomalies apparaissent à la suite de régularisations effectuées par l’employeur.

Comment éviter la DSN de substitution ?

La substitution n’est pas automatique

Les entreprises peuvent l’éviter en corrigeant les anomalies dès réception des CRM mensuels ou au plus tard dans les deux mois suivant le CRM annuel de mars 2026.

Le CRM annuel sera accessible dans le tableau de bord « Suivi DSN » sur le site de l’URSSAF et dans le logiciel de paie de l’entreprise.

Les employeurs pourront également solliciter leur conseiller URSSAF ou bien s’opposer aux corrections proposées via le service « Suivi DSN ».

En cas d'opposition, l’URSSAF notifiera l’acceptation ou le rejet de l’opposition via la messagerie de l’espace en ligne. Attention : l’absence de réponse ne vaut pas accord.

Pour être recevable, une opposition devra être motivée, c’est-à-dire qu’elle doit être directement liée à l’anomalie concernée et argumentée juridiquement ou techniquement. Les pièces justificatives à fournir dépendront des arguments avancés.

La substitution ne sera pas réalisée tant que l’URSSAF n’aura pas répondu à l’opposition.

Articulation avec un contrôle URSSAF

En cas de contrôle d’assiette (sur place ou sur pièces), aucune période contrôlée ou en cours de contrôle ne pourra faire l’objet d’une DSN de substitution.

Ce principe évite un chevauchement entre procédure de contrôle et mécanisme automatique de correction.

Pour information, nous pouvons vous accompagner dans vos contrôles URSSAF. Pour en savoir plus, vous pouvez prendre contact avec nous.

Impact éventuel sur la paie et information du salarié

Si la DSN de substitution entraîne un impact sur la paie (rappel de cotisations, régularisation…), l’information du salarié relève de la responsabilité de l’employeur.

Il appartient donc aux entreprises d’anticiper les conséquences sociales et financières des régularisations.

Si vous vous interrogez sur le sujet, nous vous invitons à consulter notre fiche pratique sur le traitement en paie des rappels de salaire.

Ce qu’il faut retenir

- 13 ou 23 mars 2026 : réception du CRM annuel récapitulatif

- De mars à mai 2026 : délai de deux mois pour corriger les anomalies

- 5 ou 15 mai 2026 : date limite pour la régularisation

- Juin 2026 : première mise en œuvre possible de la DSN de substitution.

- Périmètre limité aux assiettes plafonnées impactant les droits retraite.

- Possibilité d’opposition motivée.

Pour encore plus d’informations, nous vous invitons à lire le communiqué de presse de l’URSSAF ainsi que le questions-réponses de l’URSSAF.

À compter de mars 2026, les entreprises devront porter une attention particulière aux anomalies signalées dans leurs Déclarations sociales nominatives (DSN). 

À défaut de correction dans les délais, l’URSSAF pourra procéder à une DSN de substitution, un mécanisme inédit qui entrera en vigueur en juin 2026.

Dans un document questions/réponses actualisé au 12 février 2026, l’URSSAF précise les modalités de ce dispositif, qui vise principalement à sécuriser les droits à retraite des salariés.

Nouveau dispositif pour fiabiliser les données DSN

Une nouvelle étape dans la fiabilisation des données DSN

La procédure de fiabilisation des données déclarées en DSN a pour objectif d’améliorer la qualité des informations transmises, notamment pour garantir la correcte constitution des droits sociaux des salariés (retraite, prestations sociales…).

Concrètement :

  • Chaque mois, l’URSSAF transmet aux cotisants un compte-rendu métier (CRM) en cas d’anomalies détectées.
  • Si ces anomalies persistent, un CRM annuel récapitulatif est envoyé l’année suivante.

À partir du 13 ou 23 mars 2026 (selon l’échéance déclarative), les entreprises recevront un CRM annuel listant les anomalies de l’année 2025 (N-1) restées non corrigées.

Elles disposeront alors d’un délai de deux mois (jusqu’à l’échéance de mai 2026) pour procéder aux régularisations nécessaires.

La DSN de substitution : une première application en juin 2026

La DSN de substitution sera mise en œuvre pour la première fois en juin 2026.

L’objectif principal, pour cette première année d’application, est de sécuriser les droits retraite

Ainsi, en 2026, la substitution portera exclusivement sur les données ayant un impact sur le calcul des droits à retraite, notamment l’assiette plafonnée soumise à cotisations vieillesse (base assujettie code 02).

L’URSSAF précise que :

  • seules les données erronées seront rectifiées ;
  • aucune donnée correcte ne sera modifiée ;
  • le mécanisme ne sera activé qu’en cas de nécessité.

Dans l’hypothèse où des cotisations seraient dues, une mise en demeure sera adressée à l’employeur par l’URSSAF. 

Par ailleurs, l’employeur sera également informé des corrections réalisées par l’URSSAF via un CRM de post-substitution.

Les données corrigées seront transmises à la CNAV  et à l’AGIRC-ARRCO.

Chaque organisme restera responsable du calcul des droits et, pour l’AGIRC-ARRCO, du calcul des cotisations de retraite complémentaire éventuellement dues.

Quelles anomalies sont concernées ?

Les contrôles pouvant déclencher une DSN de substitution concernent la cohérence entre le plafond déclaré par l’employeur et le plafond recalculé par l’URSSAF.

Sont visés les contrôles automatisés :

  • UR_ANO_ASS_PLF_DIPA01i (salariés à temps plein) ;
  • UR_ANO_ASS_PLF_DIPA01j (salariés à temps partiel).

Il s’agit de vérifications techniques portant sur l’assiette plafonnée utilisée pour le calcul des droits retraite.

Un périmètre évolutif sur trois ans

Bien que la DSN de substitution ait une périodicité annuelle et porte en principe sur l’année N-1, elle pourra également concerner des périodes antérieures dans la limite du délai de prescription de trois ans.

À titre d’exemple :

  • En 2026 : périodes d’emploi 2025 (N-1)
  • En 2027 : périodes 2026 et 2025 (N-1 et N-2)
  • En 2028 : périodes 2027, 2026 et 2025 (N-1, N-2, et N-3)

Ce mécanisme s’appliquera notamment si de nouvelles anomalies apparaissent à la suite de régularisations effectuées par l’employeur.

Comment éviter la DSN de substitution ?

La substitution n’est pas automatique

Les entreprises peuvent l’éviter en corrigeant les anomalies dès réception des CRM mensuels ou au plus tard dans les deux mois suivant le CRM annuel de mars 2026.

Le CRM annuel sera accessible dans le tableau de bord « Suivi DSN » sur le site de l’URSSAF et dans le logiciel de paie de l’entreprise.

Les employeurs pourront également solliciter leur conseiller URSSAF ou bien s’opposer aux corrections proposées via le service « Suivi DSN ».

En cas d'opposition, l’URSSAF notifiera l’acceptation ou le rejet de l’opposition via la messagerie de l’espace en ligne. Attention : l’absence de réponse ne vaut pas accord.

Pour être recevable, une opposition devra être motivée, c’est-à-dire qu’elle doit être directement liée à l’anomalie concernée et argumentée juridiquement ou techniquement. Les pièces justificatives à fournir dépendront des arguments avancés.

La substitution ne sera pas réalisée tant que l’URSSAF n’aura pas répondu à l’opposition.

Articulation avec un contrôle URSSAF

En cas de contrôle d’assiette (sur place ou sur pièces), aucune période contrôlée ou en cours de contrôle ne pourra faire l’objet d’une DSN de substitution.

Ce principe évite un chevauchement entre procédure de contrôle et mécanisme automatique de correction.

Pour information, nous pouvons vous accompagner dans vos contrôles URSSAF. Pour en savoir plus, vous pouvez prendre contact avec nous.

Impact éventuel sur la paie et information du salarié

Si la DSN de substitution entraîne un impact sur la paie (rappel de cotisations, régularisation…), l’information du salarié relève de la responsabilité de l’employeur.

Il appartient donc aux entreprises d’anticiper les conséquences sociales et financières des régularisations.

Si vous vous interrogez sur le sujet, nous vous invitons à consulter notre fiche pratique sur le traitement en paie des rappels de salaire.

Ce qu’il faut retenir

- 13 ou 23 mars 2026 : réception du CRM annuel récapitulatif

- De mars à mai 2026 : délai de deux mois pour corriger les anomalies

- 5 ou 15 mai 2026 : date limite pour la régularisation

- Juin 2026 : première mise en œuvre possible de la DSN de substitution.

- Périmètre limité aux assiettes plafonnées impactant les droits retraite.

- Possibilité d’opposition motivée.

Pour encore plus d’informations, nous vous invitons à lire le communiqué de presse de l’URSSAF ainsi que le questions-réponses de l’URSSAF.

Absences & congés
Formation

La période de reconversion : nouveau dispositif pour faciliter les mobilités professionnelles

Avec la publication au Journal officiel du 25 octobre 2025 de la loi relative à l’emploi des séniors, au dialogue social et aux transitions professionnelles, un nouveau dispositif de reconversion professionnelle est instauré : la période de reconversion. 

Issue de la transposition de l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025, cette nouveauté marque ainsi la fin de deux outils — la Pro-A et les Transitions collectives.

Applicable dès le 1er janvier 2026, ce nouveau dispositif a pour objectif de simplifier les transitions professionnelles, de sécuriser les parcours et d’accompagner les transformations rapides des métiers et des organisations. 

Voici un décryptage complet de ses objectifs, son fonctionnement et ses impacts pour les entreprises comme pour les salariés.

Une fusion de deux dispositifs existants : la pro-A et les Transitions collectives

La période de reconversion constitue la réponse législative à un constat partagé par les partenaires sociaux : les dispositifs précédents, Pro-A et Transco étaient jugés trop techniques pour être réellement déployés en masse.

Ainsi, à compter du 1er février 2026, ces dispositifs disparaîtront au profit du cadre unique de la période de reconversion :

  • Transitions collectives (Transco), qui permettait de financer des reconversions vers des métiers en tension ;
  • Pro-A, centrée sur la reconversion ou la promotion par alternance.

Seules les périodes de Pro-A ayant fait l’objet d’un avenant conclu avant cette date continueront d’être régies par les anciennes dispositions.

Un dispositif facilitant les mobilités internes et externes

Pour quels salariés ?

Tous les salariés peuvent prétendre à ce nouveau dispositif, que la mobilité visée se déroule au sein de leur entreprise ou à l’extérieur.

Le salarié peut mobiliser, pendant son temps de travail, le conseil en évolution professionnelle (CEP)

Il peut également recourir à une PMSMP (période de mise en situation en milieu professionnel) pour confirmer son projet ou découvrir un métier.

Pour quels objectifs ?

La période de reconversion permet d’accéder :

  • à une certification RNCP,
  • à un CQP,
  • à un ou plusieurs blocs de compétences,
  • ou encore au socle de connaissances et de compétences (CléA).

Elle peut aussi inclure une VAE ou des périodes d’exercice professionnel permettant d’acquérir directement un savoir-faire.

Pour quelle durée ?

Les actions de formation doivent représenter entre 150 et 450 heures sur 12 mois maximum.

Un accord collectif peut étendre ces durées jusqu’à :

  • 2 100 heures,
  • 36 mois.

Cette souplesse permettra d’adapter les parcours à des reconversions exigeantes, notamment dans les métiers techniques ou les filières à forte mutation.

Par ailleurs, durant sa formation, le salarié bénéficie de la couverture AT/MP, ce qui assure une continuité de protection sociale.

Les différents effets sur le contrat de travail

La période de reconversion peut prendre deux formes, aux impacts très différents sur le contrat de travail.

La reconversion interne : un contrat maintenu, une rémunération inchangée

Lorsque la reconversion se déroule dans l’entreprise d’origine, un accord écrit doit définir les modalités de la période.

Pendant toute la durée du dispositif :

  • le contrat de travail n’est pas suspendu,
  • La rémunération du salarié reste identique.

Cette option est particulièrement adaptée aux entreprises souhaitant requalifier en interne leurs salariés pour répondre à des évolutions structurelles : digitalisation, transition écologique, nouveaux process industriels, etc.

La reconversion externe : un contrat suspendu mais un retour garanti

Si la reconversion se déroule dans une autre entreprise, le contrat initial est suspendu. Un accord écrit doit préciser :

  • la durée de suspension,
  • les modalités d’un éventuel retour anticipé en cas d’échec de la période d’essai.

Dans l’entreprise d’accueil, la période de reconversion prend la forme d’un :

  • CDI, ou
  • CDD d’au moins 6 mois, un nouveau motif légal de recours au CDD ayant été créé à cet effet.

À l’issue de la période d’essai :

  • si elle est concluante, le contrat d’origine est rompu par rupture conventionnelle (CDI) ou rupture d’un commun accord (CDD) ;
  • si elle échoue, le salarié peut réintégrer son entreprise d’origine dans un poste identique ou équivalent, avec rémunération équivalente. En cas de refus de réintégration, la rupture se fait selon les modalités évoquées ci-dessus.

Vous pouvez consulter notre fiche pratique sur la rupture conventionnelle ainsi que notre fiche pratique sur la gestion de la fin des CDD pour avoir plus d'informations sur ces sujets.

Une mise en œuvre structurée selon la taille de l’entreprise

La loi encadre strictement les conditions de déploiement des reconversions externes, notamment selon la taille de l'entreprise et la présence d'un délégué syndical.

Cela étant, dans tous les cas, les parties devront matérialiser leur accord via un Cerfa. L'employeur qui devra remplir le cerfa sera :

  • dans une reconversion interne : l'employeur actuel du salarié
  • dans une reconversion externe : l'employeur de l'entreprise d'accueil

Les entreprises de moins de 50 salariés ou de 50 à 300 salariés sans DS

La mise en place peut se faire par décision unilatérale, après consultation du CSE.

Pour en savoir plus sur la décision unilatérale, nous vous invitons à lire notre fiche pratique dédiée à ce sujet.

Les entreprises de 50 à 300 salariés disposant d’un DS

Les périodes de reconversion externe sont mises en place dans le cadre d’une Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) ou d’un accord de rupture conventionnelle collective (RCC).

Une négociation doit être ouverte si 10 % des salariés a vocation à bénéficier d’une reconversion externe sur 12 mois à compter de la date de début des négociations.

À défaut d’accord dans les 3 mois un PV de désaccord est établi et l’employeur peut décider unilatéralement des conditions de mise en œuvre.

Les entreprises de plus de 300 salariés 

Là encore, les périodes de reconversion externe doivent passer par GEPP ou RCC.

Contrairement aux entreprises de moins de 300 salariés, un accord collectif est impératif.

 Aucune décision unilatérale n’est possible.

Cette mise en œuvre s’applique également pour les entreprises (ou groupes) de dimension communautaire et qui a au moins un établissement en France d’au moins 150 salariés.

Contenu obligatoire de l’accord ou de la décision unilatérale

L’accord ou la DUE doit notamment préciser :

  • la prise en charge d’un éventuel écart de rémunération,
  • les conditions d’allongement de la formation,
  • les indemnités en cas de rupture,
  • les modalités d’utilisation du CPF du salarié,
  • la possibilité de prise en charge par l’OPCO.


Un financement partagé et optimisé

Rôle central des OPCO

Les OPCO prendront en charge les frais pédagogiques, les frais annexes et potentiellement la rémunération.

Les niveaux de prise en charge seront déterminés par les branches, selon des critères tels que :

  • l’ancienneté,
  • l’âge,
  • les mutations de l’activité,
  • le risque d’obsolescence des compétences.

Le CPF comme complément

La formation peut être cofinancée par le salarié via son CPF, dans la limite :

  • de 50 % des droits inscrits sur le compte pour une reconversion interne,
  • de 100 % pour une reconversion externe.

Aucune autre contribution financière ne peut être exigée.

Pour consulter votre CPF, vous pouvez aller sur le site de moncompteformation.

Dialogue social renforcé : un rôle accru du CSE et de la BDESE

La consultation du CSE sur la politique formation devra désormais porter explicitement sur les périodes de reconversion.

La BDESE devra également inclure des informations sur leur mise en œuvre ainsi qu'un bilan annuel obligatoire, relevant du bloc d’ordre public.

Si vous souhaitez des précisions sur le CSE et ses missions, nous avons une fiche pratique dédiée à ce sujet.

Une nouvelle garantie pour les congés de transition professionnelle

La loi introduit une avancée importante pour les salariés en congé de transition professionnelle.

L’employeur devra notifier, par écrit et trois mois avant la fin de la formation :

  • le droit du salarié à réintégrer son poste ou un poste équivalent,
  • ainsi que le délai d’un mois dont il dispose pour répondre.

Le silence vaut acceptation.

Pour consulter la loi instaurant ce nouveau dispositif, vous pouvez vous rendre sur le site de Légifrance.

Vous pouvez également consulter le questions-réponses du ministère du Travail.

Avec la publication au Journal officiel du 25 octobre 2025 de la loi relative à l’emploi des séniors, au dialogue social et aux transitions professionnelles, un nouveau dispositif de reconversion professionnelle est instauré : la période de reconversion. 

Issue de la transposition de l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025, cette nouveauté marque ainsi la fin de deux outils — la Pro-A et les Transitions collectives.

Applicable dès le 1er janvier 2026, ce nouveau dispositif a pour objectif de simplifier les transitions professionnelles, de sécuriser les parcours et d’accompagner les transformations rapides des métiers et des organisations. 

Voici un décryptage complet de ses objectifs, son fonctionnement et ses impacts pour les entreprises comme pour les salariés.

Une fusion de deux dispositifs existants : la pro-A et les Transitions collectives

La période de reconversion constitue la réponse législative à un constat partagé par les partenaires sociaux : les dispositifs précédents, Pro-A et Transco étaient jugés trop techniques pour être réellement déployés en masse.

Ainsi, à compter du 1er février 2026, ces dispositifs disparaîtront au profit du cadre unique de la période de reconversion :

  • Transitions collectives (Transco), qui permettait de financer des reconversions vers des métiers en tension ;
  • Pro-A, centrée sur la reconversion ou la promotion par alternance.

Seules les périodes de Pro-A ayant fait l’objet d’un avenant conclu avant cette date continueront d’être régies par les anciennes dispositions.

Un dispositif facilitant les mobilités internes et externes

Pour quels salariés ?

Tous les salariés peuvent prétendre à ce nouveau dispositif, que la mobilité visée se déroule au sein de leur entreprise ou à l’extérieur.

Le salarié peut mobiliser, pendant son temps de travail, le conseil en évolution professionnelle (CEP)

Il peut également recourir à une PMSMP (période de mise en situation en milieu professionnel) pour confirmer son projet ou découvrir un métier.

Pour quels objectifs ?

La période de reconversion permet d’accéder :

  • à une certification RNCP,
  • à un CQP,
  • à un ou plusieurs blocs de compétences,
  • ou encore au socle de connaissances et de compétences (CléA).

Elle peut aussi inclure une VAE ou des périodes d’exercice professionnel permettant d’acquérir directement un savoir-faire.

Pour quelle durée ?

Les actions de formation doivent représenter entre 150 et 450 heures sur 12 mois maximum.

Un accord collectif peut étendre ces durées jusqu’à :

  • 2 100 heures,
  • 36 mois.

Cette souplesse permettra d’adapter les parcours à des reconversions exigeantes, notamment dans les métiers techniques ou les filières à forte mutation.

Par ailleurs, durant sa formation, le salarié bénéficie de la couverture AT/MP, ce qui assure une continuité de protection sociale.

Les différents effets sur le contrat de travail

La période de reconversion peut prendre deux formes, aux impacts très différents sur le contrat de travail.

La reconversion interne : un contrat maintenu, une rémunération inchangée

Lorsque la reconversion se déroule dans l’entreprise d’origine, un accord écrit doit définir les modalités de la période.

Pendant toute la durée du dispositif :

  • le contrat de travail n’est pas suspendu,
  • La rémunération du salarié reste identique.

Cette option est particulièrement adaptée aux entreprises souhaitant requalifier en interne leurs salariés pour répondre à des évolutions structurelles : digitalisation, transition écologique, nouveaux process industriels, etc.

La reconversion externe : un contrat suspendu mais un retour garanti

Si la reconversion se déroule dans une autre entreprise, le contrat initial est suspendu. Un accord écrit doit préciser :

  • la durée de suspension,
  • les modalités d’un éventuel retour anticipé en cas d’échec de la période d’essai.

Dans l’entreprise d’accueil, la période de reconversion prend la forme d’un :

  • CDI, ou
  • CDD d’au moins 6 mois, un nouveau motif légal de recours au CDD ayant été créé à cet effet.

À l’issue de la période d’essai :

  • si elle est concluante, le contrat d’origine est rompu par rupture conventionnelle (CDI) ou rupture d’un commun accord (CDD) ;
  • si elle échoue, le salarié peut réintégrer son entreprise d’origine dans un poste identique ou équivalent, avec rémunération équivalente. En cas de refus de réintégration, la rupture se fait selon les modalités évoquées ci-dessus.

Vous pouvez consulter notre fiche pratique sur la rupture conventionnelle ainsi que notre fiche pratique sur la gestion de la fin des CDD pour avoir plus d'informations sur ces sujets.

Une mise en œuvre structurée selon la taille de l’entreprise

La loi encadre strictement les conditions de déploiement des reconversions externes, notamment selon la taille de l'entreprise et la présence d'un délégué syndical.

Cela étant, dans tous les cas, les parties devront matérialiser leur accord via un Cerfa. L'employeur qui devra remplir le cerfa sera :

  • dans une reconversion interne : l'employeur actuel du salarié
  • dans une reconversion externe : l'employeur de l'entreprise d'accueil

Les entreprises de moins de 50 salariés ou de 50 à 300 salariés sans DS

La mise en place peut se faire par décision unilatérale, après consultation du CSE.

Pour en savoir plus sur la décision unilatérale, nous vous invitons à lire notre fiche pratique dédiée à ce sujet.

Les entreprises de 50 à 300 salariés disposant d’un DS

Les périodes de reconversion externe sont mises en place dans le cadre d’une Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) ou d’un accord de rupture conventionnelle collective (RCC).

Une négociation doit être ouverte si 10 % des salariés a vocation à bénéficier d’une reconversion externe sur 12 mois à compter de la date de début des négociations.

À défaut d’accord dans les 3 mois un PV de désaccord est établi et l’employeur peut décider unilatéralement des conditions de mise en œuvre.

Les entreprises de plus de 300 salariés 

Là encore, les périodes de reconversion externe doivent passer par GEPP ou RCC.

Contrairement aux entreprises de moins de 300 salariés, un accord collectif est impératif.

 Aucune décision unilatérale n’est possible.

Cette mise en œuvre s’applique également pour les entreprises (ou groupes) de dimension communautaire et qui a au moins un établissement en France d’au moins 150 salariés.

Contenu obligatoire de l’accord ou de la décision unilatérale

L’accord ou la DUE doit notamment préciser :

  • la prise en charge d’un éventuel écart de rémunération,
  • les conditions d’allongement de la formation,
  • les indemnités en cas de rupture,
  • les modalités d’utilisation du CPF du salarié,
  • la possibilité de prise en charge par l’OPCO.


Un financement partagé et optimisé

Rôle central des OPCO

Les OPCO prendront en charge les frais pédagogiques, les frais annexes et potentiellement la rémunération.

Les niveaux de prise en charge seront déterminés par les branches, selon des critères tels que :

  • l’ancienneté,
  • l’âge,
  • les mutations de l’activité,
  • le risque d’obsolescence des compétences.

Le CPF comme complément

La formation peut être cofinancée par le salarié via son CPF, dans la limite :

  • de 50 % des droits inscrits sur le compte pour une reconversion interne,
  • de 100 % pour une reconversion externe.

Aucune autre contribution financière ne peut être exigée.

Pour consulter votre CPF, vous pouvez aller sur le site de moncompteformation.

Dialogue social renforcé : un rôle accru du CSE et de la BDESE

La consultation du CSE sur la politique formation devra désormais porter explicitement sur les périodes de reconversion.

La BDESE devra également inclure des informations sur leur mise en œuvre ainsi qu'un bilan annuel obligatoire, relevant du bloc d’ordre public.

Si vous souhaitez des précisions sur le CSE et ses missions, nous avons une fiche pratique dédiée à ce sujet.

Une nouvelle garantie pour les congés de transition professionnelle

La loi introduit une avancée importante pour les salariés en congé de transition professionnelle.

L’employeur devra notifier, par écrit et trois mois avant la fin de la formation :

  • le droit du salarié à réintégrer son poste ou un poste équivalent,
  • ainsi que le délai d’un mois dont il dispose pour répondre.

Le silence vaut acceptation.

Pour consulter la loi instaurant ce nouveau dispositif, vous pouvez vous rendre sur le site de Légifrance.

Vous pouvez également consulter le questions-réponses du ministère du Travail.

Indemnités & cotisations
Obligations légales

Réduction générale dégressive unifiée (RGDU) : ce qui change en 2026

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de 2025 a opéré une réforme en profondeur des allégements généraux de cotisations patronales, dont l’objectif affiché est une économie de 1,6 milliards pour l’Etat.

Une première modification des taux applicables a eu lieu en 2025, en préalable à une refonte complète annoncée en 2026 et dont les modalités devaient être précisées par décret.

Le décret n° 2025-887 paru le 4 septembre 2025 donne enfin les contours de cette réforme, applicable dès le 1er janvier 2026. Les principaux changements apportés sont les suivants :

La fusion des allègements

La réduction générale de cotisations patronales (RGCP) est remplacée par la réduction générale dégressive unifiée (RGDU).

Le nouveau plafond d’éligibilité

La nouvelle réduction s’appliquera aux revenus d’activité inférieurs à 3 SMIC. Pour sécuriser vos pratiques, consultez notre fiche pratique sur la rémunération minimale et le SMIC.

Pour rappel, actuellement les plafonds sont les suivants :

  • Assurance maladie : 2,25 SMIC
  • Allocations familiales : 3,3 SMIC
  • Réduction générale (RGCP) : 1,6 SMIC

Le SMIC à prendre en compte n’est plus un SMIC figé mais le SMIC en vigueur, que ce soit pour le plafond d’éligibilité ou pour le calcul de la RGDU.

La nouvelle formule de calcul

Généralités

La réduction est calculée par salarié et sur l’année civile. Les primes et indemnités reçues en cours d’année peuvent réduire l’allégement et entraîner une reprise.

Le principe reste celui d’une réduction maximale au niveau du SMIC, puis dégressive jusqu’à être nulle pour une rémunération égale à 3 SMIC.

Elle est égale à : rémunération brute annuelle × coefficient de réduction

Le coefficient de réduction sera obtenu par application de la formule suivante :

Coefficient = Tmin + (Tdelta × [(1/2) × (3 × Smic calculé pour un an / rémunération annuelle brute – 1)]1,75)

Valeurs du coefficient de réduction selon le taux de FNAL de l’entreprise :
  • Pour un taux de FNAL de 0,10 % :
    • Tmin = 0,0200
    • Tdelta = 0,3773
    • Tmax = 0,3973
  • Pour un taux de FNAL de 0,50 % :
    • Tmin = 0,0200
    • Tdelta = 0,3813
    • Tmax = 0,4013

Il ressort de cette formule que :

  • La valeur maximale du coefficient est augmentée pour tenir compte de la suppression des taux réduits sur les cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales.
  • Le seuil minimal d’exonération égal à 2%.
  • La valeur maximale du coefficient correspond à la somme de Tmin et Tdelta
  • La dégressivité de la réduction est renforcée par la puissance « P », dont la valeur est fixée à 1,75.

Le SMIC s'entend sur une base de 35h mais des cas particuliers peuvent impacter ce montant.

Précision sur l’entrée/sortie et la suspension du contrat

Le décret précise qu’en cas d’entrée/sortie en cours d’année ou de suspension du contrat sans maintien intégral de la rémunération, la fraction du montant du salaire minimum de croissance est corrigée selon le rapport entre les revenus d’activité dus et ceux qui auraient été dus si le salarié avait été présent tout le mois.

Pour présenter ces nouvelles dispositions, le BOSS a annoncé la création de deux nouvelles rubriques prochainement.

Précision pour les salariés qui ne sont pas à 35h

Temps partiel : la règle est la même que pour l'ancienne RGCP, le paramètre SMIC est proratisé en fonction de la durée de travail du salarié. En revanche, si le salarié à temps partiel effectue des heures complémentaires, dans ce cas le paramètre SMIC sera majoré.

Temps de travail supérieur à 35h : le montant est majoré pour tenir compte des heures supplémentaires.

Forfaits jours : les jours de repos rachetés aux salariés en forfaits jours n'ont aucun impact sur le paramètre SMIC.

Ainsi, seules les heures supplémentaires et complémentaires permettent de majorer le paramètre SMIC.

Vous pouvez consulter notre fiche pratique sur les durées de travail pour avoir plus de précisions sur le sujet.

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de 2025 a opéré une réforme en profondeur des allégements généraux de cotisations patronales, dont l’objectif affiché est une économie de 1,6 milliards pour l’Etat.

Une première modification des taux applicables a eu lieu en 2025, en préalable à une refonte complète annoncée en 2026 et dont les modalités devaient être précisées par décret.

Le décret n° 2025-887 paru le 4 septembre 2025 donne enfin les contours de cette réforme, applicable dès le 1er janvier 2026. Les principaux changements apportés sont les suivants :

La fusion des allègements

La réduction générale de cotisations patronales (RGCP) est remplacée par la réduction générale dégressive unifiée (RGDU).

Le nouveau plafond d’éligibilité

La nouvelle réduction s’appliquera aux revenus d’activité inférieurs à 3 SMIC. Pour sécuriser vos pratiques, consultez notre fiche pratique sur la rémunération minimale et le SMIC.

Pour rappel, actuellement les plafonds sont les suivants :

  • Assurance maladie : 2,25 SMIC
  • Allocations familiales : 3,3 SMIC
  • Réduction générale (RGCP) : 1,6 SMIC

Le SMIC à prendre en compte n’est plus un SMIC figé mais le SMIC en vigueur, que ce soit pour le plafond d’éligibilité ou pour le calcul de la RGDU.

La nouvelle formule de calcul

Généralités

La réduction est calculée par salarié et sur l’année civile. Les primes et indemnités reçues en cours d’année peuvent réduire l’allégement et entraîner une reprise.

Le principe reste celui d’une réduction maximale au niveau du SMIC, puis dégressive jusqu’à être nulle pour une rémunération égale à 3 SMIC.

Elle est égale à : rémunération brute annuelle × coefficient de réduction

Le coefficient de réduction sera obtenu par application de la formule suivante :

Coefficient = Tmin + (Tdelta × [(1/2) × (3 × Smic calculé pour un an / rémunération annuelle brute – 1)]1,75)

Valeurs du coefficient de réduction selon le taux de FNAL de l’entreprise :
  • Pour un taux de FNAL de 0,10 % :
    • Tmin = 0,0200
    • Tdelta = 0,3773
    • Tmax = 0,3973
  • Pour un taux de FNAL de 0,50 % :
    • Tmin = 0,0200
    • Tdelta = 0,3813
    • Tmax = 0,4013

Il ressort de cette formule que :

  • La valeur maximale du coefficient est augmentée pour tenir compte de la suppression des taux réduits sur les cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales.
  • Le seuil minimal d’exonération égal à 2%.
  • La valeur maximale du coefficient correspond à la somme de Tmin et Tdelta
  • La dégressivité de la réduction est renforcée par la puissance « P », dont la valeur est fixée à 1,75.

Le SMIC s'entend sur une base de 35h mais des cas particuliers peuvent impacter ce montant.

Précision sur l’entrée/sortie et la suspension du contrat

Le décret précise qu’en cas d’entrée/sortie en cours d’année ou de suspension du contrat sans maintien intégral de la rémunération, la fraction du montant du salaire minimum de croissance est corrigée selon le rapport entre les revenus d’activité dus et ceux qui auraient été dus si le salarié avait été présent tout le mois.

Pour présenter ces nouvelles dispositions, le BOSS a annoncé la création de deux nouvelles rubriques prochainement.

Précision pour les salariés qui ne sont pas à 35h

Temps partiel : la règle est la même que pour l'ancienne RGCP, le paramètre SMIC est proratisé en fonction de la durée de travail du salarié. En revanche, si le salarié à temps partiel effectue des heures complémentaires, dans ce cas le paramètre SMIC sera majoré.

Temps de travail supérieur à 35h : le montant est majoré pour tenir compte des heures supplémentaires.

Forfaits jours : les jours de repos rachetés aux salariés en forfaits jours n'ont aucun impact sur le paramètre SMIC.

Ainsi, seules les heures supplémentaires et complémentaires permettent de majorer le paramètre SMIC.

Vous pouvez consulter notre fiche pratique sur les durées de travail pour avoir plus de précisions sur le sujet.

Organisation du travail
Obligations légales

Interopérabilité paie et SIRH : pourquoi la donnée ne doit être saisie qu'une seule fois

La paie n'est plus une fonction isolée qui opère seule dans son coin. Elle s'inscrit aujourd'hui au cœur d'un écosystème d'outils RH interconnectés : SIRH pour la gestion administrative, logiciels de gestion des temps et des activités, plateformes de notes de frais, systèmes comptables, outils de pilotage social. Cette multiplication des solutions crée de nouvelles opportunités, mais aussi de nouveaux risques si les flux de données ne sont pas maîtrisés.

Le problème des ressaisies et des ruptures de flux entre outils RH est récurrent dans les organisations. Une information saisie dans le SIRH est recopiée manuellement dans le logiciel de paie. Une absence validée dans l'outil de gestion des temps est ressaisie dans un fichier Excel qui sera ensuite importé dans la paie. Ces ressaisies multiples génèrent des erreurs, font perdre un temps précieux et créent des incohérences entre les systèmes. La conséquence directe est une perte de fiabilité et une augmentation de la charge de travail des équipes.

Le principe fondamental qui doit guider toute organisation RH moderne est simple mais exigeant : la donnée ne doit être saisie qu'une seule fois. Ce principe n'est pas qu'une aspiration théorique, c'est une nécessité opérationnelle. Chaque ressaisie est une occasion d'erreur, chaque fichier intermédiaire est un point de rupture potentiel, chaque manipulation manuelle ralentit le processus et fragilise la fiabilité. L'interopérabilité paie SIRH n'est donc pas un concept technique abstrait, c'est un levier concret de performance et de sécurisation.

La fin de la paie en silo

L'époque où la paie fonctionnait de manière autonome est révolue. La multiplication des outils RH au sein des entreprises a radicalement transformé le paysage. Aujourd'hui, une organisation dispose en moyenne de plusieurs logiciels spécialisés : un SIRH pour gérer les données administratives des collaborateurs, un outil de gestion des temps pour suivre les présences et les absences, une plateforme de notes de frais pour traiter les remboursements, un logiciel comptable pour piloter les finances, des tableaux de bord pour analyser les données sociales.

Cette richesse fonctionnelle s'accompagne malheureusement souvent d'une dépendance excessive aux fichiers Excel pour faire le lien entre ces systèmes. Les équipes RH et paie passent un temps considérable à exporter des données depuis un outil, à les retraiter dans Excel, puis à les importer dans un autre système. Ces manipulations manuelles créent des risques d'erreurs difficiles à détecter, génèrent des versions contradictoires de la même information et rendent impossible la traçabilité des modifications.

Les risques d'erreurs et de perte de temps sont proportionnels à la complexité de ces flux. Une erreur de saisie dans un fichier intermédiaire peut se propager à l'ensemble des bulletins de paie. Une version obsolète d'un fichier Excel peut conduire à traiter des données périmées. Un fichier corrompu ou mal formaté peut bloquer tout le processus de paie à quelques jours de l'échéance. Ces situations génèrent du stress, mobilisent inutilement les équipes et créent des tensions.

La nécessité d'une paie connectée s'impose donc naturellement. Une paie qui dialogue automatiquement avec les autres outils RH, qui reçoit les informations en temps réel sans ressaisie, qui partage ses données de manière sécurisée et traçable est une paie plus fiable, plus rapide et plus sereine.

Ce que signifie réellement l'interopérabilité en paie

L'interopérabilité est un terme souvent utilisé mais rarement bien compris. Il est essentiel de clarifier ce qu'elle recouvre réellement pour éviter les déceptions. La différence entre export-import manuel et interopérabilité réelle est fondamentale. Exporter un fichier CSV depuis un outil, le retraiter manuellement puis l'importer dans un autre système n'est pas de l'interopérabilité, c'est un processus manuel déguisé en automatisation.

L'interopérabilité réelle repose sur des API ouvertes, des interfaces de programmation qui permettent à deux logiciels de dialoguer directement sans intervention humaine. Lorsqu'un salarié est ajouté dans le SIRH, l'information est automatiquement transmise au logiciel de paie via l'API. Lorsqu'une absence est validée dans l'outil de gestion des temps, elle remonte automatiquement dans la paie pour être traitée. Cette communication directe élimine les fichiers intermédiaires, supprime les ressaisies et garantit la cohérence des données.

La sécurisation et la traçabilité des échanges sont au cœur de l'interopérabilité de qualité. Chaque donnée échangée entre systèmes doit être tracée : qui a envoyé quoi, quand, avec quel résultat. En cas d'anomalie, il doit être possible de retrouver rapidement l'origine du problème. Cette traçabilité n'est pas seulement utile pour le dépannage, elle est essentielle pour les audits et les contrôles.

L'importance de l'historique des flux ne doit pas être sous-estimée. Un bon système d'interopérabilité conserve l'historique complet des échanges entre outils. Cet historique permet de comprendre comment une information a évolué dans le temps, de détecter les anomalies et de garantir la conformité. Sans historique, l'interopérabilité devient une boîte noire aussi opaque qu'un fichier Excel.

Les outils qui doivent dialoguer avec la paie

Pour comprendre concrètement l'interopérabilité, il faut identifier les outils qui doivent impérativement dialoguer avec la paie. Le SIRH socle constitue la source de vérité pour toutes les données administratives des collaborateurs : identités, coordonnées, contrats de travail, classifications, historiques. Ces informations alimentent directement la paie et doivent circuler de manière automatisée.

Les outils de gestion des temps et des activités centralisent les données de présence, d'absences, de congés, d'heures supplémentaires. Ces éléments ont un impact direct sur les bulletins de paie et doivent être transmis automatiquement au logiciel de paie pour éviter toute ressaisie et garantir la cohérence entre temps travaillé et rémunération.

Les éléments variables de paie, qu'il s'agisse de primes commerciales, de commissions, d'objectifs atteints ou de bonus, proviennent souvent de systèmes métier spécifiques. Ces données doivent pouvoir être injectées dans la paie de manière sécurisée et traçable. Les notes de frais validées dans une plateforme dédiée doivent remonter automatiquement vers la paie pour remboursement sur le bulletin.

La comptabilité doit recevoir automatiquement les écritures de paie générées par le logiciel. Cette interface entre paie et comptabilité garantit la cohérence des comptes sociaux, facilite le suivi de la masse salariale et accélère les clôtures comptables. Enfin, les outils de reporting et de pilotage RH doivent pouvoir s'alimenter directement depuis la paie pour produire des indicateurs sociaux fiables : effectifs, masse salariale, absentéisme, turnover.

Pourquoi la paie doit être esclave du SIRH (et pas l'inverse)

Ce principe peut surprendre mais il est structurant pour garantir la cohérence du système d'information RH. Le SIRH doit être considéré comme la source de vérité pour toutes les données RH. C'est dans le SIRH que sont gérées les entrées et sorties de collaborateurs, les modifications de contrat, les changements de classification, les évolutions organisationnelles. La paie doit s'alimenter de ces données, pas les recréer.

Les risques d'inversion des flux sont réels et dangereux. Si la paie devient la source de référence et que le SIRH doit récupérer les informations depuis la paie, on inverse la logique naturelle des processus RH. Cette inversion crée des incohérences, rend difficile le pilotage global et fragilise la conformité. Un salarié doit d'abord être créé dans le SIRH, puis cette information doit être transmise à la paie, pas l'inverse.

La sécurisation de la donnée sociale passe par cette hiérarchisation claire des systèmes. Lorsque le SIRH est la source de vérité, toute modification est centralisée, tracée et contrôlée. Les autres outils, dont la paie, consomment ces données de manière sécurisée. Cette architecture garantit que tout le monde travaille avec les mêmes informations à jour.

La cohérence globale du système d'information RH repose sur ce principe. Une architecture bien pensée distingue clairement les rôles : le SIRH gère les données de référence, la paie calcule les rémunérations, les outils métier apportent des données spécifiques, les outils de pilotage analysent et synthétisent. Cette répartition claire des responsabilités facilite la maintenance, l'évolution et la sécurisation de l'ensemble.

Les fausses promesses d'interopérabilité à identifier

Tous les éditeurs revendiquent l'interopérabilité, mais la réalité est souvent décevante. Les exports manuels déguisés en automatisation sont fréquents. Un éditeur affirme que son logiciel est interopérable parce qu'il permet d'exporter des fichiers au bon format. Mais si vous devez manuellement lancer l'export, télécharger le fichier, l'ouvrir, le vérifier et le réimporter ailleurs, ce n'est pas de l'interopérabilité, c'est une manipulation manuelle assistée.

Les paramétrages lourds et fragiles constituent un autre signal d'alerte. Certaines solutions nécessitent des semaines de paramétrage technique pour établir une connexion entre deux outils. Ces configurations complexes sont fragiles, difficiles à maintenir et cassent souvent lors des mises à jour. Une vraie interopérabilité doit être simple à mettre en place et robuste dans le temps.

La dépendance persistante à Excel révèle également les limites de l'interopérabilité promise. Si malgré les API et les connecteurs, vous continuez à utiliser des fichiers Excel pour faire le lien entre vos outils, c'est que l'interopérabilité n'est pas réellement opérationnelle. Excel reste un outil utile pour l'analyse, mais il ne doit plus être un maillon obligatoire dans les flux de production.

Les coûts cachés d'intégration sont une réalité qu'il faut anticiper. Certains éditeurs facturent séparément chaque API, chaque connecteur, chaque flux activé. Ces coûts peuvent rapidement exploser et rendre l'interopérabilité économiquement inaccessible. Une tarification transparente doit inclure les fonctionnalités d'interopérabilité de base sans multiplication des frais additionnels.

Comment évaluer l'interopérabilité de votre logiciel de paie

Plusieurs critères permettent d'évaluer concrètement le niveau d'interopérabilité d'un logiciel de paie. L'existence d'API documentées et accessibles est le premier indicateur. Un éditeur sérieux met à disposition une documentation technique claire qui explique comment utiliser ses API, quelles données peuvent être échangées, avec quelles limitations éventuelles.

La fréquence des mises à jour des API est révélatrice de l'engagement de l'éditeur. Des API qui ne sont plus maintenues ou qui évoluent rarement deviennent rapidement obsolètes et limitent les possibilités d'intégration. À l'inverse, des API régulièrement enrichies témoignent d'une stratégie d'ouverture durable.

La capacité à absorber l'évolution des outils RH connectés est essentielle. Votre écosystème logiciel va évoluer dans le temps. Vous allez peut-être changer de SIRH, adopter un nouvel outil de gestion des temps ou moderniser votre système comptable. Votre logiciel de paie doit pouvoir s'adapter à ces évolutions sans nécessiter une refonte complète de l'architecture.

L'accompagnement technique proposé par l'éditeur fait la différence. Mettre en place des flux d'interopérabilité nécessite une expertise technique. Un éditeur qui laisse ses clients se débrouiller seuls avec des API complexes montre ses limites. Un accompagnement structuré, avec des exemples concrets et un support réactif, facilite considérablement la mise en œuvre.

Interopérabilité et performance globale de la fonction RH

L'interopérabilité paie SIRH ne se limite pas à un enjeu technique, elle impacte directement la performance de toute la fonction RH. La fiabilité de la donnée est le premier bénéfice. Lorsque la donnée ne circule qu'une seule fois sans ressaisie, le risque d'erreur diminue drastiquement. Les incohérences entre systèmes disparaissent et la confiance dans les données augmente.

Le gain de temps pour les équipes est immédiat et mesurable. Les heures passées à exporter, retraiter et importer des fichiers peuvent être réinvesties dans des activités à plus forte valeur ajoutée : analyse, conseil, accompagnement des collaborateurs. Cette optimisation du temps libère les équipes RH et paie de tâches répétitives et leur permet de monter en compétences.

La meilleure exploitation des indicateurs sociaux devient possible lorsque les données circulent de manière fluide et fiable. Le pilotage de la masse salariale, le suivi de l'absentéisme, l'analyse du turnover, la projection des effectifs s'appuient sur des données fraîches, cohérentes et consolidées automatiquement. Cette capacité d'analyse renforce le rôle stratégique de la fonction RH.

L'alignement entre paie, RH et finance est facilité par l'interopérabilité. Lorsque les trois fonctions travaillent avec les mêmes données à jour, les décisions sont mieux éclairées, les clôtures sont plus rapides et la gouvernance est renforcée. Pour évaluer globalement la maturité de votre écosystème RH et identifier les axes d'amélioration, un Scan 360° RH peut apporter un éclairage précieux.

Construire un écosystème paie & RH durable

L'interopérabilité s'inscrit naturellement dans une logique Best of Breed. Plutôt que de choisir une solution tout-en-un qui fait tout moyennement, il est souvent plus pertinent de sélectionner les meilleurs outils spécialisés dans chaque domaine et de les connecter via des API robustes. Cette approche permet de bénéficier de l'excellence de chaque outil tout en maintenant la cohérence globale.

Les outils spécialisés connectés offrent une souplesse d'évolution incomparable. Vous pouvez faire évoluer un module sans remettre en cause l'ensemble du système. Vous pouvez changer de SIRH sans changer de logiciel de paie, ou moderniser votre outil de gestion des temps sans impacter la production de paie, à condition que les interfaces soient bien conçues.

La continuité sans remise à plat permanente est un avantage stratégique majeur. Un écosystème bien architecté évolue progressivement sans nécessiter de grands chantiers de refonte. Cette stabilité rassure les équipes, préserve les investissements et permet de se concentrer sur l'amélioration continue plutôt que sur les migrations techniques.

Le rôle central de la paie comme brique de confiance dans cet écosystème ne doit jamais être oublié. La paie reste le système le plus sensible, celui qui engage la responsabilité de l'entreprise auprès de chaque salarié. Un logiciel de paie robuste, bien intégré et interopérable devient le socle de confiance de tout le système d'information RH. Pour approfondir l'ensemble des critères de choix d'un logiciel de paie, consultez notre guide complet sur les logiciels de paie.

Conclusion

La donnée unique est le fondement de toute organisation RH performante. Ressaisir plusieurs fois la même information est non seulement une perte de temps, c'est surtout une source d'erreurs et d'incohérences qui fragilise l'ensemble du système. L'interopérabilité paie SIRH n'est pas un luxe technologique réservé aux grandes organisations, c'est un levier de fiabilité accessible à toutes les entreprises qui choisissent les bons outils et les bonnes pratiques. La paie connectée, intégrée et interopérable est le pilier du système RH moderne.


Découvrez-en plus dans notre guide complet pour choisir un logiciel de paie fiable et durable.

La paie n'est plus une fonction isolée qui opère seule dans son coin. Elle s'inscrit aujourd'hui au cœur d'un écosystème d'outils RH interconnectés : SIRH pour la gestion administrative, logiciels de gestion des temps et des activités, plateformes de notes de frais, systèmes comptables, outils de pilotage social. Cette multiplication des solutions crée de nouvelles opportunités, mais aussi de nouveaux risques si les flux de données ne sont pas maîtrisés.

Le problème des ressaisies et des ruptures de flux entre outils RH est récurrent dans les organisations. Une information saisie dans le SIRH est recopiée manuellement dans le logiciel de paie. Une absence validée dans l'outil de gestion des temps est ressaisie dans un fichier Excel qui sera ensuite importé dans la paie. Ces ressaisies multiples génèrent des erreurs, font perdre un temps précieux et créent des incohérences entre les systèmes. La conséquence directe est une perte de fiabilité et une augmentation de la charge de travail des équipes.

Le principe fondamental qui doit guider toute organisation RH moderne est simple mais exigeant : la donnée ne doit être saisie qu'une seule fois. Ce principe n'est pas qu'une aspiration théorique, c'est une nécessité opérationnelle. Chaque ressaisie est une occasion d'erreur, chaque fichier intermédiaire est un point de rupture potentiel, chaque manipulation manuelle ralentit le processus et fragilise la fiabilité. L'interopérabilité paie SIRH n'est donc pas un concept technique abstrait, c'est un levier concret de performance et de sécurisation.

La fin de la paie en silo

L'époque où la paie fonctionnait de manière autonome est révolue. La multiplication des outils RH au sein des entreprises a radicalement transformé le paysage. Aujourd'hui, une organisation dispose en moyenne de plusieurs logiciels spécialisés : un SIRH pour gérer les données administratives des collaborateurs, un outil de gestion des temps pour suivre les présences et les absences, une plateforme de notes de frais pour traiter les remboursements, un logiciel comptable pour piloter les finances, des tableaux de bord pour analyser les données sociales.

Cette richesse fonctionnelle s'accompagne malheureusement souvent d'une dépendance excessive aux fichiers Excel pour faire le lien entre ces systèmes. Les équipes RH et paie passent un temps considérable à exporter des données depuis un outil, à les retraiter dans Excel, puis à les importer dans un autre système. Ces manipulations manuelles créent des risques d'erreurs difficiles à détecter, génèrent des versions contradictoires de la même information et rendent impossible la traçabilité des modifications.

Les risques d'erreurs et de perte de temps sont proportionnels à la complexité de ces flux. Une erreur de saisie dans un fichier intermédiaire peut se propager à l'ensemble des bulletins de paie. Une version obsolète d'un fichier Excel peut conduire à traiter des données périmées. Un fichier corrompu ou mal formaté peut bloquer tout le processus de paie à quelques jours de l'échéance. Ces situations génèrent du stress, mobilisent inutilement les équipes et créent des tensions.

La nécessité d'une paie connectée s'impose donc naturellement. Une paie qui dialogue automatiquement avec les autres outils RH, qui reçoit les informations en temps réel sans ressaisie, qui partage ses données de manière sécurisée et traçable est une paie plus fiable, plus rapide et plus sereine.

Ce que signifie réellement l'interopérabilité en paie

L'interopérabilité est un terme souvent utilisé mais rarement bien compris. Il est essentiel de clarifier ce qu'elle recouvre réellement pour éviter les déceptions. La différence entre export-import manuel et interopérabilité réelle est fondamentale. Exporter un fichier CSV depuis un outil, le retraiter manuellement puis l'importer dans un autre système n'est pas de l'interopérabilité, c'est un processus manuel déguisé en automatisation.

L'interopérabilité réelle repose sur des API ouvertes, des interfaces de programmation qui permettent à deux logiciels de dialoguer directement sans intervention humaine. Lorsqu'un salarié est ajouté dans le SIRH, l'information est automatiquement transmise au logiciel de paie via l'API. Lorsqu'une absence est validée dans l'outil de gestion des temps, elle remonte automatiquement dans la paie pour être traitée. Cette communication directe élimine les fichiers intermédiaires, supprime les ressaisies et garantit la cohérence des données.

La sécurisation et la traçabilité des échanges sont au cœur de l'interopérabilité de qualité. Chaque donnée échangée entre systèmes doit être tracée : qui a envoyé quoi, quand, avec quel résultat. En cas d'anomalie, il doit être possible de retrouver rapidement l'origine du problème. Cette traçabilité n'est pas seulement utile pour le dépannage, elle est essentielle pour les audits et les contrôles.

L'importance de l'historique des flux ne doit pas être sous-estimée. Un bon système d'interopérabilité conserve l'historique complet des échanges entre outils. Cet historique permet de comprendre comment une information a évolué dans le temps, de détecter les anomalies et de garantir la conformité. Sans historique, l'interopérabilité devient une boîte noire aussi opaque qu'un fichier Excel.

Les outils qui doivent dialoguer avec la paie

Pour comprendre concrètement l'interopérabilité, il faut identifier les outils qui doivent impérativement dialoguer avec la paie. Le SIRH socle constitue la source de vérité pour toutes les données administratives des collaborateurs : identités, coordonnées, contrats de travail, classifications, historiques. Ces informations alimentent directement la paie et doivent circuler de manière automatisée.

Les outils de gestion des temps et des activités centralisent les données de présence, d'absences, de congés, d'heures supplémentaires. Ces éléments ont un impact direct sur les bulletins de paie et doivent être transmis automatiquement au logiciel de paie pour éviter toute ressaisie et garantir la cohérence entre temps travaillé et rémunération.

Les éléments variables de paie, qu'il s'agisse de primes commerciales, de commissions, d'objectifs atteints ou de bonus, proviennent souvent de systèmes métier spécifiques. Ces données doivent pouvoir être injectées dans la paie de manière sécurisée et traçable. Les notes de frais validées dans une plateforme dédiée doivent remonter automatiquement vers la paie pour remboursement sur le bulletin.

La comptabilité doit recevoir automatiquement les écritures de paie générées par le logiciel. Cette interface entre paie et comptabilité garantit la cohérence des comptes sociaux, facilite le suivi de la masse salariale et accélère les clôtures comptables. Enfin, les outils de reporting et de pilotage RH doivent pouvoir s'alimenter directement depuis la paie pour produire des indicateurs sociaux fiables : effectifs, masse salariale, absentéisme, turnover.

Pourquoi la paie doit être esclave du SIRH (et pas l'inverse)

Ce principe peut surprendre mais il est structurant pour garantir la cohérence du système d'information RH. Le SIRH doit être considéré comme la source de vérité pour toutes les données RH. C'est dans le SIRH que sont gérées les entrées et sorties de collaborateurs, les modifications de contrat, les changements de classification, les évolutions organisationnelles. La paie doit s'alimenter de ces données, pas les recréer.

Les risques d'inversion des flux sont réels et dangereux. Si la paie devient la source de référence et que le SIRH doit récupérer les informations depuis la paie, on inverse la logique naturelle des processus RH. Cette inversion crée des incohérences, rend difficile le pilotage global et fragilise la conformité. Un salarié doit d'abord être créé dans le SIRH, puis cette information doit être transmise à la paie, pas l'inverse.

La sécurisation de la donnée sociale passe par cette hiérarchisation claire des systèmes. Lorsque le SIRH est la source de vérité, toute modification est centralisée, tracée et contrôlée. Les autres outils, dont la paie, consomment ces données de manière sécurisée. Cette architecture garantit que tout le monde travaille avec les mêmes informations à jour.

La cohérence globale du système d'information RH repose sur ce principe. Une architecture bien pensée distingue clairement les rôles : le SIRH gère les données de référence, la paie calcule les rémunérations, les outils métier apportent des données spécifiques, les outils de pilotage analysent et synthétisent. Cette répartition claire des responsabilités facilite la maintenance, l'évolution et la sécurisation de l'ensemble.

Les fausses promesses d'interopérabilité à identifier

Tous les éditeurs revendiquent l'interopérabilité, mais la réalité est souvent décevante. Les exports manuels déguisés en automatisation sont fréquents. Un éditeur affirme que son logiciel est interopérable parce qu'il permet d'exporter des fichiers au bon format. Mais si vous devez manuellement lancer l'export, télécharger le fichier, l'ouvrir, le vérifier et le réimporter ailleurs, ce n'est pas de l'interopérabilité, c'est une manipulation manuelle assistée.

Les paramétrages lourds et fragiles constituent un autre signal d'alerte. Certaines solutions nécessitent des semaines de paramétrage technique pour établir une connexion entre deux outils. Ces configurations complexes sont fragiles, difficiles à maintenir et cassent souvent lors des mises à jour. Une vraie interopérabilité doit être simple à mettre en place et robuste dans le temps.

La dépendance persistante à Excel révèle également les limites de l'interopérabilité promise. Si malgré les API et les connecteurs, vous continuez à utiliser des fichiers Excel pour faire le lien entre vos outils, c'est que l'interopérabilité n'est pas réellement opérationnelle. Excel reste un outil utile pour l'analyse, mais il ne doit plus être un maillon obligatoire dans les flux de production.

Les coûts cachés d'intégration sont une réalité qu'il faut anticiper. Certains éditeurs facturent séparément chaque API, chaque connecteur, chaque flux activé. Ces coûts peuvent rapidement exploser et rendre l'interopérabilité économiquement inaccessible. Une tarification transparente doit inclure les fonctionnalités d'interopérabilité de base sans multiplication des frais additionnels.

Comment évaluer l'interopérabilité de votre logiciel de paie

Plusieurs critères permettent d'évaluer concrètement le niveau d'interopérabilité d'un logiciel de paie. L'existence d'API documentées et accessibles est le premier indicateur. Un éditeur sérieux met à disposition une documentation technique claire qui explique comment utiliser ses API, quelles données peuvent être échangées, avec quelles limitations éventuelles.

La fréquence des mises à jour des API est révélatrice de l'engagement de l'éditeur. Des API qui ne sont plus maintenues ou qui évoluent rarement deviennent rapidement obsolètes et limitent les possibilités d'intégration. À l'inverse, des API régulièrement enrichies témoignent d'une stratégie d'ouverture durable.

La capacité à absorber l'évolution des outils RH connectés est essentielle. Votre écosystème logiciel va évoluer dans le temps. Vous allez peut-être changer de SIRH, adopter un nouvel outil de gestion des temps ou moderniser votre système comptable. Votre logiciel de paie doit pouvoir s'adapter à ces évolutions sans nécessiter une refonte complète de l'architecture.

L'accompagnement technique proposé par l'éditeur fait la différence. Mettre en place des flux d'interopérabilité nécessite une expertise technique. Un éditeur qui laisse ses clients se débrouiller seuls avec des API complexes montre ses limites. Un accompagnement structuré, avec des exemples concrets et un support réactif, facilite considérablement la mise en œuvre.

Interopérabilité et performance globale de la fonction RH

L'interopérabilité paie SIRH ne se limite pas à un enjeu technique, elle impacte directement la performance de toute la fonction RH. La fiabilité de la donnée est le premier bénéfice. Lorsque la donnée ne circule qu'une seule fois sans ressaisie, le risque d'erreur diminue drastiquement. Les incohérences entre systèmes disparaissent et la confiance dans les données augmente.

Le gain de temps pour les équipes est immédiat et mesurable. Les heures passées à exporter, retraiter et importer des fichiers peuvent être réinvesties dans des activités à plus forte valeur ajoutée : analyse, conseil, accompagnement des collaborateurs. Cette optimisation du temps libère les équipes RH et paie de tâches répétitives et leur permet de monter en compétences.

La meilleure exploitation des indicateurs sociaux devient possible lorsque les données circulent de manière fluide et fiable. Le pilotage de la masse salariale, le suivi de l'absentéisme, l'analyse du turnover, la projection des effectifs s'appuient sur des données fraîches, cohérentes et consolidées automatiquement. Cette capacité d'analyse renforce le rôle stratégique de la fonction RH.

L'alignement entre paie, RH et finance est facilité par l'interopérabilité. Lorsque les trois fonctions travaillent avec les mêmes données à jour, les décisions sont mieux éclairées, les clôtures sont plus rapides et la gouvernance est renforcée. Pour évaluer globalement la maturité de votre écosystème RH et identifier les axes d'amélioration, un Scan 360° RH peut apporter un éclairage précieux.

Construire un écosystème paie & RH durable

L'interopérabilité s'inscrit naturellement dans une logique Best of Breed. Plutôt que de choisir une solution tout-en-un qui fait tout moyennement, il est souvent plus pertinent de sélectionner les meilleurs outils spécialisés dans chaque domaine et de les connecter via des API robustes. Cette approche permet de bénéficier de l'excellence de chaque outil tout en maintenant la cohérence globale.

Les outils spécialisés connectés offrent une souplesse d'évolution incomparable. Vous pouvez faire évoluer un module sans remettre en cause l'ensemble du système. Vous pouvez changer de SIRH sans changer de logiciel de paie, ou moderniser votre outil de gestion des temps sans impacter la production de paie, à condition que les interfaces soient bien conçues.

La continuité sans remise à plat permanente est un avantage stratégique majeur. Un écosystème bien architecté évolue progressivement sans nécessiter de grands chantiers de refonte. Cette stabilité rassure les équipes, préserve les investissements et permet de se concentrer sur l'amélioration continue plutôt que sur les migrations techniques.

Le rôle central de la paie comme brique de confiance dans cet écosystème ne doit jamais être oublié. La paie reste le système le plus sensible, celui qui engage la responsabilité de l'entreprise auprès de chaque salarié. Un logiciel de paie robuste, bien intégré et interopérable devient le socle de confiance de tout le système d'information RH. Pour approfondir l'ensemble des critères de choix d'un logiciel de paie, consultez notre guide complet sur les logiciels de paie.

Conclusion

La donnée unique est le fondement de toute organisation RH performante. Ressaisir plusieurs fois la même information est non seulement une perte de temps, c'est surtout une source d'erreurs et d'incohérences qui fragilise l'ensemble du système. L'interopérabilité paie SIRH n'est pas un luxe technologique réservé aux grandes organisations, c'est un levier de fiabilité accessible à toutes les entreprises qui choisissent les bons outils et les bonnes pratiques. La paie connectée, intégrée et interopérable est le pilier du système RH moderne.


Découvrez-en plus dans notre guide complet pour choisir un logiciel de paie fiable et durable.

Obligations légales
Formation

L’entretien de parcours professionnel remplace l’entretien professionnel

La réforme de l’entretien professionnel vient d’être définitivement adoptée par le Parlement. 

Après le vote du Sénat le 10 juillet 2025, l’Assemblée nationale a validé à son tour le texte le 15 octobre, désormais promulgué sous la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (Journal officiel du 25 octobre 2025). 

Cette réforme, issue de l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025 sur les transitions et reconversions professionnelles, marque un changement de philosophie dans la gestion des carrières : l’entretien professionnel devient l’entretien de parcours professionnel.

Ce nouveau dispositif vise à renforcer la place du salarié dans la construction de son avenir professionnel tout en donnant à l’entreprise un outil plus stratégique de pilotage des compétences.

Le 13 février 2026, le ministère du Travail est venu publier un questions-réponses pour apporter certaines précisions.

Nous vous en disons plus dans notre article !

Un nouvel entretien pour accompagner le parcours du salarié

Une périodicité différente

Jusqu’à présent, l’entretien professionnel devait être organisé tous les deux ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les six ans. Le nouveau régime modifie profondément cette architecture.

Désormais, l’entretien de parcours professionnel sera organisé selon un calendrier différent et enrichi de nouveaux contenus.

Premier changement majeur : un entretien initial devra être réalisé au cours de la première année suivant l’embauche. Le salarié sera informé de ce droit dès son arrivée. Cet entretien permettra d’aborder, très tôt, ses aspirations, ses compétences et les premières perspectives d’évolution au sein de l’entreprise.

Ensuite, l’entretien de parcours professionnel sera organisé tous les quatre ans. Cette périodicité pourra être adaptée par accord collectif d’entreprise ou de branche, mais sans jamais dépasser quatre ans. Ainsi, certaines entreprises pourront décider de maintenir une fréquence plus rapprochée (par exemple tous les deux ans), mais aucune ne pourra l’espacer davantage.

Un contenu élargi

Lors de chaque entretien, plusieurs thématiques devront être abordées :

  • Les compétences du salarié et leur évolution au regard des transformations de l’entreprise ;

  • Sa situation et son parcours professionnels, avec un regard sur les évolutions des métiers ;

  • Ses besoins de formation, en lien avec son poste actuel ou ses projets personnels ;

  • Ses souhaits d’évolution professionnelle (mobilité interne, reconversion, VAE, CPF de transition, etc.) ;

  • L’utilisation de son compte personnel de formation (CPF) et les abondements possibles par l’employeur.

Comme aujourd’hui, l’entretien devra se dérouler sur le temps de travail et donner lieu à un document écrit dont une copie sera remise au salarié.

Pour les entreprises de moins de 300 salariés, le salarié pourra préparer l’entretien avec l’appui du conseil en évolution professionnelle (CEP), tandis que l’employeur pourra être accompagné par son opérateur de compétences (OPCO)

Un accompagnement externe est également prévu si un accord collectif le permet.

Des logiciels peuvent vous aider dans la structuration de vos parcours de formation et d’évolution professionnelle au sein de votre entreprise. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre page sur le sujet.

Un entretien toujours distinct de l’entretien d’évaluation

La distinction entre l’entretien de parcours professionnel et l’entretien d’évaluation reste maintenue. Le premier a pour objet la gestion du parcours et de la formation, tandis que le second porte sur la performance et les résultats du salarié.

La jurisprudence de la Cour de cassation continue de s’appliquer : les deux entretiens peuvent se tenir le même jour, à condition que leurs contenus soient clairement différenciés.

Un outil au service du développement des compétences

La réforme lie explicitement l’entretien de parcours professionnel au plan de développement des compétences. Les informations recueillies lors des entretiens pourront servir à construire ou ajuster la politique de formation de l’entreprise.

De plus, la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE) devra désormais intégrer un bilan des actions de formation issues de ces entretiens. Cette obligation est d’ordre public et ne pourra être écartée par accord collectif.

Un état des lieux tous les huit ans

Le traditionnel entretien d’état des lieux, qui permet de vérifier le parcours du salarié sur la durée, sera désormais organisé tous les huit ans (au lieu de six).

Cet entretien permettra de vérifier que le salarié a bénéficié :

  • Des entretiens prévus,

  • D’au moins une action de formation,

  • D’une progression salariale ou professionnelle,

  • Et/ou d’une certification obtenue par la formation ou la VAE.

Pour les salariés nouvellement embauchés, ce premier état des lieux pourra avoir lieu sept ans après l’entretien initial réalisé la première année.

Le mécanisme d’abondement correctif du CPF est maintenu et adapté : dans les entreprises de plus de 50 salariés, si l’employeur ne respecte pas ses obligations, il devra abonder le CPF du salarié, comme c’est déjà le cas aujourd’hui.

Articulation avec l'ancien dispositif

Dans son questions-réponses, le ministère du Travail a donné des précisions pour gérer la transition du nouveau dispositif avec l'ancien.

Il explique que « le nouveau délai plus long prend sa course depuis le même point de départ que l’ancien ».

Par exemple :

  • un salarié devait avoir son bilan des 6 ans en 2026 : l'état des lieux devra être finalement réalisé au plus tard en 2028
  • un salarié a eu son dernier entretien des 2 ans début 2025 : finalement, son entretien de parcours professionnel interviendra non pas début 2027 mais début 2029.

Des aménagements spécifiques au retour de certaines absences

L’employeur devra continuer à proposer un entretien au retour de certaines périodes d’interruption du travail (congé maternité, parental, sabbatique, proche aidant, longue maladie, mandat syndical, etc.).

Toutefois, une nouveauté importante est introduite : cet entretien ne sera obligatoire que si aucun entretien de parcours n’a eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise d’activité.

Cette précision doit en principe éviter les redondances et adapter la pratique aux réalités des entreprises.

Des entretiens renforcés à mi-carrière et en fin de carrière

La réforme accorde une place particulière à la seconde partie de carrière.

Désormais, l’entretien de parcours professionnel devra être articulé avec la visite médicale de mi-carrière, qui intervient autour des 45 ans du salarié. Pour en savoir plus sur cette visite médicale de mi-carrière, nous vous invitons à consulter notre fiche pratique sur le sujet.

Dans les deux mois suivant cette visite, un entretien devra être organisé pour examiner les éventuelles préconisations du médecin du travail, notamment sur les aménagements de poste, la prévention de l’usure professionnelle ou les besoins de formation.

De plus, lors du premier entretien de parcours organisé dans les deux années précédant le 60ᵉ anniversaire du salarié, de nouveaux sujets devront être abordés : maintien dans l’emploi, aménagement de fin de carrière, temps partiel ou retraite progressive.

Cette articulation entre santé, conditions de travail et formation illustre la volonté du législateur de favoriser le maintien durable en emploi et d’anticiper les besoins liés au vieillissement de la population active.

Une mise en œuvre progressive et encadrée

Ces nouvelles règles entrent en vigueur le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel soit le 26 octobre 2025.

Les entreprises disposant déjà d’accords collectifs sur les entretiens professionnels devront les renégocier pour les mettre en conformité avec les nouvelles règles si ces accords prévoyaient une périodicité supérieure à la nouvelle loi.

Toutefois, la loi prévoit une période de transition pour ces dernières : les accords collectifs en vigueur devront être adaptés au plus tard le 1er octobre 2026.

Le ministère du Travail a indiqué que l'obligation concernait la tenue de négociation mais pas la conclusion d'un accord. Ainsi, en l'absence de négociation ou d'échec des ces dernières, les anciennes dispositions qui prévoyaient une périodicité supérieure à 4 ans pour la tenue des entretiens ne seront plus applicables au 1er octobre 2026 => ce sont les délais légaux qui s'appliqueront.

Pour les nouveaux entretiens (celui de la 1ère année suivant l'embauche, celui de mi-carrière et celui avant le 60e anniversaire du salarié), ils doivent avoir lieu aux dates fixées par loi, peu importe le délai écoulé par rapport au précédent entretien.

Par exemple, si un salarié a eu un entretien 1 mois avant sa visite médicale de mi-carrière, l'employeur devra tout de même en refaire un dans les 2 mois qui la suivent.

Sanction en cas de non tenue des entretiens obligatoires

Le contrôle du respect des obligations de l'employeur concernant le tenue des entretiens obligatoires s'apprécie lors de l'état des lieux des 8 ans.

Une sanction est prévue pour les entreprises d'au moins 50 salariés. S'il apparait lors de l'état des lieux, que l'employeur n'a pas respecté ses obligations (le salarié n'a bénéficié ni des entretiens légaux ni d'une formation non obligatoire), il devra abonder le CPF du salarié concerné de 3000 €.

Pour consulter la loi, vous pouvez vous rendre sur le site de Légifrance.

La réforme de l’entretien professionnel vient d’être définitivement adoptée par le Parlement. 

Après le vote du Sénat le 10 juillet 2025, l’Assemblée nationale a validé à son tour le texte le 15 octobre, désormais promulgué sous la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (Journal officiel du 25 octobre 2025). 

Cette réforme, issue de l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025 sur les transitions et reconversions professionnelles, marque un changement de philosophie dans la gestion des carrières : l’entretien professionnel devient l’entretien de parcours professionnel.

Ce nouveau dispositif vise à renforcer la place du salarié dans la construction de son avenir professionnel tout en donnant à l’entreprise un outil plus stratégique de pilotage des compétences.

Le 13 février 2026, le ministère du Travail est venu publier un questions-réponses pour apporter certaines précisions.

Nous vous en disons plus dans notre article !

Un nouvel entretien pour accompagner le parcours du salarié

Une périodicité différente

Jusqu’à présent, l’entretien professionnel devait être organisé tous les deux ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les six ans. Le nouveau régime modifie profondément cette architecture.

Désormais, l’entretien de parcours professionnel sera organisé selon un calendrier différent et enrichi de nouveaux contenus.

Premier changement majeur : un entretien initial devra être réalisé au cours de la première année suivant l’embauche. Le salarié sera informé de ce droit dès son arrivée. Cet entretien permettra d’aborder, très tôt, ses aspirations, ses compétences et les premières perspectives d’évolution au sein de l’entreprise.

Ensuite, l’entretien de parcours professionnel sera organisé tous les quatre ans. Cette périodicité pourra être adaptée par accord collectif d’entreprise ou de branche, mais sans jamais dépasser quatre ans. Ainsi, certaines entreprises pourront décider de maintenir une fréquence plus rapprochée (par exemple tous les deux ans), mais aucune ne pourra l’espacer davantage.

Un contenu élargi

Lors de chaque entretien, plusieurs thématiques devront être abordées :

  • Les compétences du salarié et leur évolution au regard des transformations de l’entreprise ;

  • Sa situation et son parcours professionnels, avec un regard sur les évolutions des métiers ;

  • Ses besoins de formation, en lien avec son poste actuel ou ses projets personnels ;

  • Ses souhaits d’évolution professionnelle (mobilité interne, reconversion, VAE, CPF de transition, etc.) ;

  • L’utilisation de son compte personnel de formation (CPF) et les abondements possibles par l’employeur.

Comme aujourd’hui, l’entretien devra se dérouler sur le temps de travail et donner lieu à un document écrit dont une copie sera remise au salarié.

Pour les entreprises de moins de 300 salariés, le salarié pourra préparer l’entretien avec l’appui du conseil en évolution professionnelle (CEP), tandis que l’employeur pourra être accompagné par son opérateur de compétences (OPCO)

Un accompagnement externe est également prévu si un accord collectif le permet.

Des logiciels peuvent vous aider dans la structuration de vos parcours de formation et d’évolution professionnelle au sein de votre entreprise. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre page sur le sujet.

Un entretien toujours distinct de l’entretien d’évaluation

La distinction entre l’entretien de parcours professionnel et l’entretien d’évaluation reste maintenue. Le premier a pour objet la gestion du parcours et de la formation, tandis que le second porte sur la performance et les résultats du salarié.

La jurisprudence de la Cour de cassation continue de s’appliquer : les deux entretiens peuvent se tenir le même jour, à condition que leurs contenus soient clairement différenciés.

Un outil au service du développement des compétences

La réforme lie explicitement l’entretien de parcours professionnel au plan de développement des compétences. Les informations recueillies lors des entretiens pourront servir à construire ou ajuster la politique de formation de l’entreprise.

De plus, la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE) devra désormais intégrer un bilan des actions de formation issues de ces entretiens. Cette obligation est d’ordre public et ne pourra être écartée par accord collectif.

Un état des lieux tous les huit ans

Le traditionnel entretien d’état des lieux, qui permet de vérifier le parcours du salarié sur la durée, sera désormais organisé tous les huit ans (au lieu de six).

Cet entretien permettra de vérifier que le salarié a bénéficié :

  • Des entretiens prévus,

  • D’au moins une action de formation,

  • D’une progression salariale ou professionnelle,

  • Et/ou d’une certification obtenue par la formation ou la VAE.

Pour les salariés nouvellement embauchés, ce premier état des lieux pourra avoir lieu sept ans après l’entretien initial réalisé la première année.

Le mécanisme d’abondement correctif du CPF est maintenu et adapté : dans les entreprises de plus de 50 salariés, si l’employeur ne respecte pas ses obligations, il devra abonder le CPF du salarié, comme c’est déjà le cas aujourd’hui.

Articulation avec l'ancien dispositif

Dans son questions-réponses, le ministère du Travail a donné des précisions pour gérer la transition du nouveau dispositif avec l'ancien.

Il explique que « le nouveau délai plus long prend sa course depuis le même point de départ que l’ancien ».

Par exemple :

  • un salarié devait avoir son bilan des 6 ans en 2026 : l'état des lieux devra être finalement réalisé au plus tard en 2028
  • un salarié a eu son dernier entretien des 2 ans début 2025 : finalement, son entretien de parcours professionnel interviendra non pas début 2027 mais début 2029.

Des aménagements spécifiques au retour de certaines absences

L’employeur devra continuer à proposer un entretien au retour de certaines périodes d’interruption du travail (congé maternité, parental, sabbatique, proche aidant, longue maladie, mandat syndical, etc.).

Toutefois, une nouveauté importante est introduite : cet entretien ne sera obligatoire que si aucun entretien de parcours n’a eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise d’activité.

Cette précision doit en principe éviter les redondances et adapter la pratique aux réalités des entreprises.

Des entretiens renforcés à mi-carrière et en fin de carrière

La réforme accorde une place particulière à la seconde partie de carrière.

Désormais, l’entretien de parcours professionnel devra être articulé avec la visite médicale de mi-carrière, qui intervient autour des 45 ans du salarié. Pour en savoir plus sur cette visite médicale de mi-carrière, nous vous invitons à consulter notre fiche pratique sur le sujet.

Dans les deux mois suivant cette visite, un entretien devra être organisé pour examiner les éventuelles préconisations du médecin du travail, notamment sur les aménagements de poste, la prévention de l’usure professionnelle ou les besoins de formation.

De plus, lors du premier entretien de parcours organisé dans les deux années précédant le 60ᵉ anniversaire du salarié, de nouveaux sujets devront être abordés : maintien dans l’emploi, aménagement de fin de carrière, temps partiel ou retraite progressive.

Cette articulation entre santé, conditions de travail et formation illustre la volonté du législateur de favoriser le maintien durable en emploi et d’anticiper les besoins liés au vieillissement de la population active.

Une mise en œuvre progressive et encadrée

Ces nouvelles règles entrent en vigueur le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel soit le 26 octobre 2025.

Les entreprises disposant déjà d’accords collectifs sur les entretiens professionnels devront les renégocier pour les mettre en conformité avec les nouvelles règles si ces accords prévoyaient une périodicité supérieure à la nouvelle loi.

Toutefois, la loi prévoit une période de transition pour ces dernières : les accords collectifs en vigueur devront être adaptés au plus tard le 1er octobre 2026.

Le ministère du Travail a indiqué que l'obligation concernait la tenue de négociation mais pas la conclusion d'un accord. Ainsi, en l'absence de négociation ou d'échec des ces dernières, les anciennes dispositions qui prévoyaient une périodicité supérieure à 4 ans pour la tenue des entretiens ne seront plus applicables au 1er octobre 2026 => ce sont les délais légaux qui s'appliqueront.

Pour les nouveaux entretiens (celui de la 1ère année suivant l'embauche, celui de mi-carrière et celui avant le 60e anniversaire du salarié), ils doivent avoir lieu aux dates fixées par loi, peu importe le délai écoulé par rapport au précédent entretien.

Par exemple, si un salarié a eu un entretien 1 mois avant sa visite médicale de mi-carrière, l'employeur devra tout de même en refaire un dans les 2 mois qui la suivent.

Sanction en cas de non tenue des entretiens obligatoires

Le contrôle du respect des obligations de l'employeur concernant le tenue des entretiens obligatoires s'apprécie lors de l'état des lieux des 8 ans.

Une sanction est prévue pour les entreprises d'au moins 50 salariés. S'il apparait lors de l'état des lieux, que l'employeur n'a pas respecté ses obligations (le salarié n'a bénéficié ni des entretiens légaux ni d'une formation non obligatoire), il devra abonder le CPF du salarié concerné de 3000 €.

Pour consulter la loi, vous pouvez vous rendre sur le site de Légifrance.

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